Changement climatique :
la couverture d’assurance
sous pression à La Réunion
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Le dérèglement climatique se traduit par une multiplication des événements météorologiques extrêmes, et La Réunion en fait régulièrement les frais. Cyclones tropicaux, pluies diluviennes, érosion côtière : l’île est particulièrement exposée aux aléas climatiques. Or, ces aléas mettent en difficulté le système d’assurance. Déjà, on estime qu’environ 30 % des logements réunionnais ne sont pas couverts par une assurance habitation. Pour les autres, il devient de plus en plus difficile ou coûteux de s’assurer dans certaines zones à risque. Dans un contexte où les sinistres climatiques se multiplient, comment l’assurance peut-elle continuer à protéger efficacement les habitants et les entreprises ?
Des aléas climatiques de plus en plus extrêmes à La Réunion
Ces dernières années, La Réunion a connu plusieurs catastrophes naturelles d’ampleur exceptionnelle. Deux cyclones tropicaux majeurs ont frappé l’île en l’espace d’un an. En janvier 2024, le cyclone Belal a touché La Réunion (après le passage du cyclone Batsirai au large en 2022). Puis fin février 2025, le cyclone Garance a balayé l’île du nord au sud avec des rafales dépassant 215 km/h. Garance a causé environ 68 000 sinistres pour un coût estimé à 379 millions d’euros. Il s’agit du cyclone le plus coûteux de l’histoire de La Réunion, dépassant largement le précédent record détenu par Dina en 2002 (169 millions). Malheureusement, Mayotte voisine a elle aussi subi un cyclone dévastateur en décembre 2024 (cyclone Chido, environ 500 millions d’euros de dommages).
En dehors des cyclones, d’autres aléas climatiques frappent l’île. Fin janvier 2023, des pluies torrentielles (plus de 400 mm en 12 heures par endroits) ont provoqué des inondations soudaines dans l’est de La Réunion. De nombreux quartiers de Sainte-Suzanne et Saint-André se sont réveillés les pieds dans l’eau, obligeant les autorités à déclarer l’état de catastrophe naturelle pour permettre l’indemnisation des sinistrés. Par ailleurs, l’érosion côtière s’accélère sous l’effet de la montée des eaux et de la houle cyclonique. À Saint-André par exemple, le littoral de Champ-Borne recule à vue d’œil : début 2023, la mairie a même dû interdire l’accès à la bordure côtière en raison d’un risque d’effondrement des falaises. Ces exemples illustrent la vulnérabilité accrue du territoire réunionnais face aux dérèglements du climat.
Sinistres en chaîne et explosion des coûts d’indemnisation
Chaque catastrophe naturelle entraîne des milliers de demandes d’indemnisation et des montants records à verser par les assureurs. Après le cyclone Garance, les assureurs estiment devoir rembourser près de 380 millions d’euros aux assurés réunionnais touchés. Sur l’ensemble des territoires français d’outre-mer, la facture climatique a dépassé un milliard d’euros en un peu plus d’un an (cyclones Belal, Chido et Garance entre 2024 et 2025). Les assureurs prennent en charge une partie de ces sinistres directement, et l’État, via le régime des catastrophes naturelles (dit « Cat Nat »), contribue également au financement de certaines indemnisations majeures.
En France hexagonale, la situation est tout aussi préoccupante. L’année 2024 a coûté environ 5 milliards d’euros aux assureurs du fait des tempêtes, inondations et sécheresses – un montant nettement supérieur à la moyenne des années 1980 (1,5 milliard par an). Ces dernières années, les sinistres climatiques représentent régulièrement autour de 5 à 6 milliards d’euros indemnisés par an en France, avec un record à 6,5 milliards d’euros en 2023. Cette aggravation se répercute inévitablement sur le coût de l’assurance. Les compagnies affichent des résultats techniques déficitaires sur la branche catastrophes naturelles et répercutent le risque sur les assurés. Les primes d’assurance habitation augmentent ainsi de façon continue, et la taxe spécifique Cat Nat a été relevée de 12 % à 20 % au 1ᵉʳ janvier 2025 pour compenser le déficit du régime. Selon la Fédération France Assureurs, il n’y a malheureusement guère d’autre choix que d’augmenter les tarifs pour faire face à la multiplication des sinistres.
Assurer un bien en zone à risque : un parcours d’obstacles
Face à l’intensification des aléas, certains assureurs deviennent plus réticents à couvrir des zones qu’ils jugent trop exposées. Les catastrophes récentes ont montré que certaines régions (littoraux, zones inondables, zones cycloniques…) engendrent des sinistres très coûteux. Conséquence : des compagnies choisissent de se retirer des localités les plus menacées par les catastrophes climatiques, notamment sur les côtes. Concrètement, les habitants et entreprises situés dans ces zones à haut risque peuvent faire face à plusieurs difficultés pour assurer leurs biens :
• Refus de couverture ou résiliation de contrat. Les assureurs n’ont pas l’obligation d’accepter tous les risques, surtout si l’exposition d’un bien est jugée trop importante. Après un sinistre majeur, ils ont même la possibilité légale de résilier le contrat d’assurance dans le mois qui suit le sinistre. De nombreux sinistrés en zone rouge (à risque élevé) se sont ainsi vu notifier la non-reconduction de leur contrat ou un refus d’assurance, les obligeant à chercher un autre assureur.
• Primes prohibitives et garanties réduites. Lorsqu’une compagnie accepte de couvrir un bien en zone sensible, c’est souvent à des conditions strictes. La prime annuelle peut être très élevée, et les franchises (part restant à charge de l’assuré) augmentent sensiblement. En France, si un logement subit des catastrophes à répétition sans mesure de protection adéquate, la franchise de base peut être multipliée jusqu’à 25 fois pour les prochains sinistres. Certaines garanties peuvent aussi être exclues ou plafonnées, ce qui réduit la portée de la couverture assurantielle pour l’assuré.
• Intervention du Bureau central de tarification (BCT). En dernier recours, un particulier ou une entreprise refusé par tous les assureurs peut solliciter le BCT, un organisme qui peut imposer à un assureur de couvrir le risque moyennant une prime fixée d’office. Toutefois, cette procédure ne s’applique qu’aux assurances obligatoires. Or, l’assurance habitation n’est légalement obligatoire que pour les locataires et copropriétés, pas pour les propriétaires occupants. Ainsi, un propriétaire d’une maison en zone à risque peut, en pratique, se retrouver sans solution d’assurance si aucune compagnie n’accepte de le couvrir à des conditions raisonnables.
Un défi national à l’ère du climat changeant
Si La Réunion constitue un observatoire avancé des effets du changement climatique sur l’assurance, la problématique s’étend à l’ensemble du pays. Les inondations répétées dans le Nord de la France fin 2023 (coût estimé : 430 millions d’euros rien que pour cet épisode) ou les tempêtes en série comme celles d’octobre 2024 (~785 millions d’euros de dommages) montrent que de nombreuses régions métropolitaines sont elles aussi confrontées à des risques accrus. Certaines communes littorales de l’Hexagone voient également poindre la menace d’un retrait des assureurs à mesure que le trait de côte recule et que la mer grignote le littoral.
À l’échelle nationale, les projections laissent entrevoir une forte aggravation des coûts d’ici 2050. Le nombre de sinistres climatiques pourrait presque doubler (+93 %) d’ici le milieu du siècle, et les primes d’assurance habitation moyennes seraient amenées à plus que doubler également (passant d’environ 470 € aujourd’hui à plus de 1 000 € en 2050). Les régions les plus exposées par exemple la façade méditerranéenne ou les départements d’outre-mer subiraient les hausses tarifaires les plus marquées. Sans dramatiser, la couverture d’assurance devient un enjeu de plus en plus pressant à l’heure du réchauffement climatique. Le défi consiste à continuer de protéger efficacement les personnes et les biens face aux catastrophes naturelles, tout en maintenant un système assurantiel solidaire et soutenable pour l’ensemble du territoire français. Les récents événements à La Réunion illustrent de manière concrète l’ampleur de ce défi. En clair, le climat change et le monde de l’assurance doit s’adapter, afin que chacun puisse rester couvert en dépit des tempêtes à venir.
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